dimanche 11 octobre 2015

De Leymebamba à Cajamarca ou la Voie Lactée

"Rendez-vous à 3h du mat' à la pompe à essence de Leymebamba" nous a dit le chauffeur. La demi-heure péruvienne se fait respecter et à 3h30 nous voilà partis à bord du camion de lait direction Celendin. On fait une halte dans le prochain village pour remplir les cuves de lait... on sirote un verre de lait en attendant... succulent, du vrai lait de la montagne ! 

3h du mat', en attendant le chauffeur !

Recharge du doux liquide !

L'engin à lait.

Puis, tout endormi, on échange avec le chauffeur durant la route montant au col. Dès les premières lueurs, on embarque sur le toit-terrasse du camion - sorte de petit balcon en bois construit au dessus de la cabine qui permet de transporter personnes, matériel et compagnie - une bien belle et intéressante installation de voyage ! Ça caille mais les paysages de l’énorme vallée se découvrant alors sous nos yeux sont splendides !

Levé du soleil sur la vallée.




Ça caille !

On va vite se rendre compte que ce toit-terrasse n'est finalement pas seulement un lieu de voyage mais aussi un vrai lieu d'échange où les gens montent et descendent au fur et à mesure du trajet... le camion de lait semble avoir un vrai rôle social ! Au début tout seul sur le balcon, on va vite se retrouver une bonne dizaine de personnes : ça discute, ça rigole, ça charge en plus des poutres de bois et du bois de chauffage, le tout cheminant sur une route vertigineuse, d'une seule voie, et passant sur des ponts qui craquent ! Je me dis à ce moment là que nous faisons parti de la joyeuse troupe de la route du lait ! C'est vraiment trop fort. 
Le soleil s'est maintenant bien levé et nous réchauffe rapidement tout en descendant dans le fond de cette énorme vallée aride avant de remonter l'autre versant. On atteint Celendin après 7h de voyage sur le camion de lait, le trajet est absolument magnifique et recommandable (pour info, le mec s'appelle Lucho, son mobile : +51976996966).

Enfin ! Le soleil s'est levé maintenant !

La route est à une seule voie... croisements difficiles !

Chargement !



Le camion se charge petit à petit !


Le fond de la vallée est cultivé... on recharge également en fruits sur le passage !

Et hop ! Un peu de bois de chauffage !






A Celendin, on fait une coupe de cheveux rapide pour trois fois rien... mais pas tout à fait réussie malgré tout ! Les petits cumulus dans le ciel et la disposition du lieu nous tente de rester pour faire un vol mais on décide finalement de continuer le même jours à Cajamarca, jolie ville où l'on passera deux jours (on fait d'ailleurs une super soirée dans un petit bar tenu par une famille de musiciens - guitare, cajon et chant anime la nuit, on a même le droit à une chanson de Claude François !!).   





Petits cumulus au dessus de Celendin !



Plaza de Armas de Cajamarca..

Passage par Trujillo, ville sans grands intérêts, pour réaliser les papiers pour pouvoir faire un achat sur le territoire péruvien en tant que touriste. Oui ! L'idée d'acheter un véhicule ne nous a pas quitté durant toutes ces péripéties ! Alors rebelote, on visite tout un tas de poubelles qui ne roulent presque plus, c'est drôle ! Il se trouve que le marché de l'occasion automobile est 30% plus cher qu'en France au Pérou. On trouve finalement une jolie Coccinelle qui vaut le coup... on se voit déjà dedans, en vadrouille ! 
Mais après avoir pesé le pour et le contre, étudié le budget, on décide finalement de ne rien acheter du tout... on ne voudrait pas compromettre, parce qu'on a plus de sous, notre premier objectif qui est de parcourir le continent pour voler ! 
Cap sur la montagne, la vrai montagne : Huaraz et la cordillère blanche.       

samedi 10 octobre 2015

La vallée de Chachapoya - Region Amazonas

"Amazonas" mais pas vraiment la jungle ! Ils l'appellent la jungle sèche là bas. Il y a certes beaucoup de végétation et c'est toujours bien vert mais on ne se situe pas assez à l'est pour être dans le bassin amazonien ! C'est joli. En ce qui concerne la roche, c'est beaucoup de sédimentaire, on voit bien les couches et on croise souvent des affleurement de calcaire, sauf erreur. 
Impressionnant cette grande vallée profonde, aux allures de canyon parfois. Les montagnes sont de formes arrondies et parfois marquées par de grands plateaux légèrement vallonnés en leur sommet. Il n'est pas rare de tomber sur un petit alpage en se baladant, une paysanne qui traie ses vaches au champs, un tout petit village ou une seule maison flanqué au milieu de la montagne - c'est pas des chalets mais ca ferait presque penser à aux alpes parfois.  




Un sacrément joli pli !


Chachapoya, c'est la ville principale touristique de la vallée. C'est aussi une civilisation pré-inca qui entreprit la construction de la fameuse forteresse de Kuélap, qu'on visitera d'ailleurs. 
On arrive un peu déçu à Chachapoya... sans notre moto-taxi mais on apprendra ensuite, après une bonne journée d'investigation quant aux possibilités d'acheter un véhicule en tant que touristes, qu'il nous faut de toute manière un tampon sur le passeport ("permiso para firmar contrato") à réaliser dans un bureau de migration... sauf que le bureau le plus proche se situe à 10 h de bus de là ! On laisse tomber et on remet ça à plus tard sur notre route. Sinon on goutte la liqueur locale, 7 racines, mures... tout ça c'est bien sucré et ça fait mal à la tête le lendemain !

Au marché.

On dit pas non à un petit goûter : café et sandwich de fromage. 

Il y a de joli endroits dans cette région, beaucoup de lieux touristiques qui valent la peine, cascades, grottes, vestiges archéologiques... Tout en s’enfonçant dans la vallée, on s’arrête pour visiter. 
Une journée de marche pour voir la troisième cascade la plus grande au monde, 700 mètres et des brouettes - en fait, deux cascades l'une à la suite de l'autre (mais bon, allez ça compte !). 





Une autre journée de marche pour se rendre à la forteresse de Kuélap à 3200 mètres d'altitude. C'est grand, très grand, on se pose toujours la question du comment les Chachapoyas ont-ils fait pour construire cette forteresse au sommet d'une montagne... il y a tellement de pierres assemblées ! En tout cas c'est assez intéressant de voir ça, même si ça manque bien souvent d'explication. Et puis un groupe scolaire péruvien nous prend pour de vrai cobaye-photo, tout le monde veut faire une photo avec nous, chacun son "gringo" disent-ils ! haha, c'est un peu bizarre ! Ça nous énerve un peu, on est pas des singes !  



L'entrée de Kuélap.








Enfin, on s'accorde une halte de 3 jours dans le petit village de Leymebamba au bout de la vallée. Ascension de la montagne bordant le village avec les parapentes dans l'esprit vol-rando... encore et toujours ! Victor fait un plouf. Je ne vole pas, l’atterrissage est trop technique dans cette vallée encaissée.

Place centrale de Leymebamba.



Un joli panorama pour un joli décollage.



Qui dit alpages, dit vaches. Qui dit vaches, dit lait ! A Leymebamba, il y a un camion citerne qui vient tous les 2 jours pour récolter le lait produit dans les montagnes et le transporter jusqu'à Celendin, ville des Andes proche de Cajamarca, notre future destination. Moyennant quelques soles, on quitte la vallée à bord du camion pour un long trajet... vertigineux !  

lundi 5 octobre 2015

San Ignacio... Vamos Peru !

Dès notre arrivé au Pérou, on porte notre attention sur un véhicule tout à fait remarquable, les moto-taxis, sorte de triporteur-moto (à l'image des touk-touk en Inde) utilisés pour transporter les gens dans les villes contre quelques vénérables soles (monnaie péruvienne). Ça nous donne des idées... en acheter un pour traverser le Pérou, ça doit pas coûter grand chose, non ?

Alors San Ignacio est la ville des milles démarches pour se renseigner et acheter le touk touk... en vain ! 
Dimanche matin, visite d'une machine d'occasion - 400 euros, pas cher ! - négociation dans les bas fond de la ville, essai du touk-touk d'ailleurs pas facile à conduire, tournée de liqueur locale (il fallait bien y passer !). 
Lundi, direction les institutions de la ville pour se renseigner quant à l'équivalence du permis français avec le Pérou, très drôle ! Session de sensibilisation sur les accidents de la route puis rapidement session photo personnelle, en mode pose sous toutes les coutures (en vacance, à la montagne, etc.), de la dame en charge du ministère dans ce département, qui par ailleurs sait très très bien donner des ordres à ses collègues ! Elle n'arrête pas de parler, elle nous tchatche, finalement, on arrive quand même à s'en aller... sans aucune informations bien sur ! Alors direction la police pour rencontrer le major : il s'en fout royal et se la joue gros bras. "Vous savez conduire une moto taxi ?", "Bien sur" on lui répond. "Alors c'est ok !". Une mâtiné pour rien !
Arrivé chez le notaire, c'est la que vient la faille ! Il nous faut toute sorte d'autorisations, de paperasses, etc. Les administrations comme on les aime ! On laisse tomber et on se tire de San Ignacio... je crois qu'on a bien fait !

Cette idée est clairement une folie, mais malgré tout elle va nous tenir en tête pendant deux semaines... on enchaînera sur l'idée d'acheter une voiture, on se renseignera davantage sur les démarches à suivre, histoires à suivre...


Visite de moto-taxi dans les bas fonds de San Ignacio. 

A part ça, on est bien content d'être au Pérou ! Le changement avec l'Equateur se fait clairement ressentir : la diversité culinaire nous ravi, et puis il semble exister une grande richesse culturelle, beaucoup de mélange de peuples différents avec des coutumes, des musiques et des plats différents. Ce pays, qui me parait directement plus pauvre et plus traditionnel que ceux visités auparavant, semble receler de grandes merveilles ! 

Et puis cette région du nord nous comble de son vert éclatant. Une région de production de café et de tabac. On croisera des rizières également. 

San Ignacio. 


Une fanfare militaire.